DIX STRATEGIES POUR REUSSIR VOTRE ENTREE
Sébastien Thill
Savez- vous que dans les 30 premières secondes, nous déterminons si le public nous écoutera ou non, et qu’il sera très difficile de changer cette première impression, surtout si votre tems de prestation est court.
Une étude menée en 2005 à Berkeley a révélé que, dans les vidéos YouTube, la plupart des gens décident déjà, dans les dix premières secondes, s'ils vont rester à regarder ou changer immédiatement.
Pourquoi l’accroche est-elle si importante ?
Réussir son accroche, c'est comme si vous attrapiez vos spectateurs par le col alors que vous marchez tranquillement. C'est quelque chose qui vous stoppe et retient votre attention, c’est un électrochoc !
Réaliser une accroche a trois objectifs principaux : capter l'attention, susciter la sympathie et suggérer la compétence (tandis qu’elle peut au contraire susciter l’ennui ou la méfiance)
L’idéal est de captiver notre public dans les 30 premières secondes, il ne faut pas beaucoup plus.
En effet, dès les 7 premières secondes, les gens décident s'ils vous apprécient en tant que personne, et dans les 30 premières secondes, vous déterminerez s'ils vous écouteront ou non. Et il sera extrêmement difficile et parfois impossible, si votre temps passé devant eux est court, de changer cela plus tard dans le discours.
L'attention est au maximum au début de toute présentation, en partie parce que l'orateur doit faire confiance à l'auditoire.
"Bonjour, je m'appelle …………. Je suis vraiment heureux d'être ici avec vous. Aujourd'hui, je souhaiterais vous présenter un tour de cartes un peu spécial."
Que pense le public de ce type d'accroche ?
"Cet orateur est très ennuyeux. Je ne l'écouterai pas."
C'est juste mauvais. Pourquoi ? Parce que ça n'attire pas l'attention.
Alors pour éviter ce genre d’écueil, voici quelques techniques simples et testées sur le terrain pour réussir votre entrée en scène !
I ) Les déclarations surprenantes
Les "déclarations surprenantes" pourraient être du type :
"Saviez-vous qu'une personne se réveille entre 22 et 28 fois par nuit ? La plupart du temps, nous ne le savons que deux fois au maximum. Pourquoi ? Chaque fois que vous vous réveillez dans la nuit, et que le tout dure moins de 60 secondes, vous vous rendormez immédiatement, votre cerveau ne s'en
souvient pas. Cela signifie à nouveau que si vous vous réveillez dans la nuit, que vous voyez un fantôme et que vous vous rendormez, le lendemain matin vous ne savez pas que vous en avez vu un."
Formule : « Saviez-vous que... » + fait surprenant.
II ) Le storytelling
Si vous racontez une histoire dans les 30 premières secondes, avant les informations d'introduction,
cela fait une énorme différence à votre ouverture.
« Savez- vous ce qu’est un torii japonais ? C’est une grande porte rouge que vous avez peut-être déjà pu observer, comme un cadre géant, souvent de couleur rouge et qui marque l’entrée dans un espace sacré. Mais le plus étonnant, c’est qu’un torii peut être placé absolument n’importe où : au milieu d’un lac, dans un jardin, dans une forêt. C’est une porte d’entrée vers le sacré, une indication pour le regard. Un peu comme un tour de magie.
Les membres de votre auditoire pourront alors penser : "Wow, c'est intéressant, j'aime entendre des histoires. Cet orateur est inhabituel. Je vais l'écouter."
III) Posez des questions
1. Questions fermées
Les bonnes questions sont celles qui concernent l'objectif, l'heure, la date ou la météo.
Par exemple, comme question normale vous pouvez demander :
«Parmi vous, qui est déjà allé au Japon ? » C’est une question ouverte. Soit «moi» ou « pas moi »
Contre-question immédiate « Qui connaît la culture japonaise ? » et « qui sait ce qu’est un torii ? » (sortir un torii miniature)
Psychologiquement, ils vous suivent inconsciemment quand ils l’ont fait deux, trois fois. C’est pourquoi de nombreux orateurs posent trois questions au début.
2. Questions ouvertes
Une autre bonne façon d'ouvrir votre discours est de poser à votre public une question ouverte qui
suscite la réflexion. En posant une question, vous activez un processus de réflexion et, grâce à ce processus, vous vous connectez à votre public.
« Qu’est- ce qui pour vous symbolise le mieux le Japon ? »
Vous pourrez alors rebondir sur une des réponses des spectateurs, et ainsi donner l’impression de créer une magie « à la demande ».
Il m’arrive très souvent à l’issue d’une prestation de noter un ou plusieurs réactions de spectateurs, pour les intégrer à un futur scenario.
3. Quiz
Par exemple, vous pouvez demander à votre public : « A votre avis, quel serait le temps nécessaire
pour aller au Japon, à bord d’une fusée ?
Puis vous laissez les gens deviner, échanger, débattre et ensuite vous montrez la solution dans la tour lui-même (le chiffre vous permettra plus tard de retrouver une carte, un chiffre, une page etc.)
4. Questions rhétoriques
Les grands orateurs utilisent toujours des questions rhétoriques.
Alors comment formuler des questions rhétoriques en premier lieu ?
Tout ce que vous pouvez utiliser avec « tous », « toujours », « à tout moment », « jamais » est toujours une question rhétorique.
C’est-à-dire que la question rhétorique est la suivante : j’entre dans la pièce et je pose la
première question : « Ne sommes –nous pas tous à la recherche du merveilleux, en quête de cet état enfantin ?»
Inconsciemment, avec cette question, je force le public à s’engager avec ce message.
A l’inverse, si je ne pose pas la question avant, cette déclaration arrivera et elle échouera complétement.
IV) La citation
La seule chose à garder à l'esprit est qu'il ne faut pas que cela paraisse trop artificiel ou trop pathétique. On peut penser que citer des auteurs est une attitude hautaine, au contraire, citer un grand auteur est une marque de modestie, puisque c’est une façon de reconnaître qu’on ne pourra pas dire mieux.
Vous devez donc éviter la formulation suivante : « Comme l'a dit Sénèque…. »
Il est préférable d'être plus factuel :
"La vie n’est pas d’attendre que les orages passent, c’est d’apprendre comment danser sous la pluie", Sénèque disait déjà cela, il nous enseignait ainsi que la vie est le regard que nous portons sur elle. Un peu comme la magie, tenez regardez par exemple…. »
V) L’effet Zeigarnik
Une autre option d'entrée doit être abordée à ce stade : la position ouverte. Il s'agit d'un point d'entrée simple : vous laissez simplement un problème ou une question ouverte.
C'est un moyen parfait pour déclencher l'effet dit "Zeigarnik".
Par exemple : « Les trois choses les plus importantes en magie sont les réactions
émotionnelles, les éléments factuels, et une troisième chose incroyablement importante dont je veux vous parler plus tard dans le numéro suivant. Bienvenue ! »
C'est ainsi qu'une affaire est laissée en suspens. Les gens vous accordent toute leur attention parce
qu'ils sont intéressés de savoir que l'ouverture est fermée. Cela permet également de maintenir
l'attention sur le contenu à venir.
VI) Le terrain d’entente
Établissez une base commune.
« Personne parmi vous n’est déjà allé au Japon, si je comprends bien. Je dois vous avouer que moi non plus. Mais vous serez d’accord avec moi pour constater qu’il est possible de s’imprégner de cette culture par bien d’autres moyens qu’en y allant, de même qu’il est possible de voyager sans rien voir de la culture locale.»
VII) Il y a X ans aujourd’hui
« Chers amis, saviez-vous que Mr Untel aurait eu 164 ans aujourd’hui jour pour jour s’il avait tenu un peu plus longtemps ? Il ne l’a pas fait. Et pourtant nous parlons de lui en ce moment-même et son œuvre est restée intacte dans le cœur de beaucoup d’humains. Ainsi ce qu’on considère éphémère est en réalité très relatif. Par exemple… »
VIII) L’effet Hitchcock.
Les gens aiment les histoires. Et il y a des histoires qui, souvent, n’ont même pas de message, mais chaque fois qu’une histoire est racontée, le clapet du subconscient s’ouvre. On ne sait même pas pourquoi. Utilisez ces moyens pour accroître l’attention de ceux qui vous entourent.
Un exemple de divertissement.
« Qui dans cette pièce a une pointure de chaussure 39 ? 38 ? Pointure 42 ? »
Puis vous récoltez les réponses. Puis vous dites : « Très bien, merci beaucoup. Vous comprendrez au cours de la soirée ! » Ils vous tueraient !
Ils veulent savoir : « Qu’est-ce que ça a à avoir avec ces chaussures ? »
IX) Démonstration, laissez le public devenir actif
Vous pouvez sortir une clé à molette de votre veste au milieu de la scène tout en faisant le plein d’esprit, c’est de la démonstration.
Je dis : « C'est ainsi que fonctionne l'esprit humain. Vous pouvez l'utiliser pour réparer une voiture en panne, quelqu'un, changer une roue. Vous pouvez casser une fenêtre ou commettre un crime violent avec le même instrument. »
À ce moment-là, les gens se disent : "Ouais, c'est vrai".
« Les pensées sont un outil. Vous n'êtes pas vos pensées, les pensées sont un instrument de vous. »
Ou encore :
« Voici un simple jeu de cartes. Un jeu de cartes peut être un amusement convivial, un objet de collection, un support publicitaire, un moyen pour la Résistance de cacher des messages, une arnaque perfide, une arme (Ricky Jay !). Tout dépend de ce que vous en faites, de l’objectif que vous poursuivez. »
X) Votre vécu personnel
Parler de votre vécu permet de vous connecter plus facilement avec votre audience. Ils s’identifient à votre histoire. Vous créez de la proximité avec eux.
Oscar Wilde écrivait que ce qui oppose c’est ce qu’on montre, ce qui nous rapproche, c’est ce qu’on cache. »
Difficile de dire mieux, non ?
Je ne sais pas si cela fait une bonne conclusion, mais c’est une excellente accroche !
A vous de jouer !